Conte Polonais : Le Mauvais Œil

Présentation du Conte Polonais :

Nous avons tous entendu parler du « Mauvais Œil », c’est un concept que l’on retrouve dans de nombreuses mythologies dans le monde. Dans le folklore Polonais, le mauvais œil est à prendre au sens littéral, le « Mauvais Œil » est un homme maudit, dont le seul regard peut amener la désolation. Réussira-t-il à se libérer de ce mauvais sort ?

Le Mauvais Œil – Le Conte

Il était une fois un homme riche qui vivait dans un manoir sur les rives de la Vistule. Toutes les fenêtres de cette maison étaient à l’avant et donnaient sur la belle rivière. La longue allée, formée de peupliers, menant au porche, était envahie par l’herbe et les mauvaises herbes – signe que peu de ses voisins rendaient visite au propriétaire, et que l’ancienne hospitalité polonaise y était peu pratiquée.

Le propriétaire de cette maison y habitait depuis sept ans. Il venait d’une région éloignée du pays, et était peu connu de ses paysans, qui l’évitaient avec crainte et tremblement à cause des histoires terribles racontées sur son mauvais œil.

Il était né de parents riches sur les rives du fleuve San. Au moment de sa naissance, une étoile malchanceuse brilla sur lui, et il devint possédé par le mauvais œil, un regard qui allait causer la maladie et la mort des hommes et des bêtes. Si, dans un moment sans surveillance, il regardait le bétail, celui-ci mourait ; tout ce qu’il regardait et louait, périssait. Pour compléter ses malheurs, son père et sa mère moururent le cœur brisé. Le « mauvais œil », comme on l’appelait dans son pays natal, où ses regards pernicieux avaient causé une telle destruction, vendit tous ses biens et s’en alla sur les rives de la Vistule. Là, il s’installa dans une maison isolée, renvoya tous les domestiques, à l’exception d’un seul, un vieil homme-serviteur, qui l’avait soigné dans son enfance, et que le son œil n’avait pas le pouvoir de blesser.

Le Mauvais Œil quittait rarement la maison, voyant que la désolation et même la mort suivaient ses regards. Chaque fois qu’il sortait, son vieux serviteur s’asseyait à ses côtés, pour l’avertir lorsqu’ils approchaient d’un village, d’une ville ou d’un être humain. Le malheureux fermait alors les yeux, ou les tournaient et regardait un fagot de paille de pois, qui était toujours à ses pieds.

Connaissant la puissance néfaste de ses yeux, qui malgré lui apportaient la misère et la désolation autour de lui, le malheureux fit aménager sa maison de telle sorte que toutes les fenêtres donnaient sur la Vistule. Il était convaincu que, grâce à cet arrangement, il ne devait ni blesser ses voisins ni porter atteinte à ses propres biens. Par deux fois, en une heure malheureuse, il avait regardé ses maisons de ferme, et deux fois elles furent brûlées. Mais aucune précaution ne pouvait suffire à cette fin. De nombreux navires firent naufrage en face de la Maison Blanche, comme on l’appelait communément ; et les bateliers du fleuve le chargèrent d’imprécations en pointant avec terreur les grandes fenêtres d’où le mauvais œil leur apportait douleur et désastre.

Un batelier, plus courageux que les autres, se rendit à la maison à la rame et exigea de voir son maître. Le vieux serviteur, bien que craignant les conséquences, l’emmena dans la pièce où son maître dînait. Agacé d’être dérangé par un étranger, il regarda l’intrus d’un air renfrogné, qui tomba immédiatement dans un tel état qu’il ne put dire un mot, mais s’évanouit à la porte.

Le vieux serviteur, à la demande de son maître, porta l’homme à sa barque, lui donna de l’argent et le conduisit sur l’autre rive du fleuve. Le pauvre homme fut longtemps malade et, lorsqu’il se remit un peu, il fit un terrible compte-rendu de la Maison Blanche et de son maître, le Mauvais Œil. La terreur de ses compagnons s’en trouva grandement accrue ; et chaque fois que l’un d’entre eux passait dans son bateau ou sa péniche près de l’endroit fatal, ils tournaient leurs yeux loin de la Maison Blanche et priaient avec ferveur pour être protégés de l’influence du mauvais œil.

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