Maria Walewska : Qui était la Maîtresse Polonaise de Napoléon ?

Maria Walewska, reste célèbre dans l’histoire de la Pologne mais aussi dans l’histoire de France. En effet, à travers sa liaison avec Napoléon Bonaparte, elle va tenter de défendre les intérêts de son peuple et lui rendre sa liberté. De plus, un enfant naîtra de leur relation, et c’est grâce à celui-ci que Napoléon aura une descendance.

Accès Rapide

Le contexte historique

À la fin des années 1800, la Pologne a été divisée par ses voisins les plus puissants : l’Autriche, la Prusse et la Russie. L’occupation a entraîné une augmentation de l’industrialisation et de la productivité de l’économie, mais en conséquence, la Pologne a cessé d’exister en tant que pays.

L’aide de Napoléon

Les émigrés se tournent vers la France révolutionnaire pour obtenir de l’aide, et le général Jan Henryk Dąbrowski réussit en 1797 à persuader Napoléon Bonaparte, qui mène alors sa campagne d’Italie, de créer des légions polonaises auxiliaires. Dans leur quartier général, le futur hymne national polonais, « Jeszcze Polska nie zginęła » (« La Pologne n’a pas encore péri »), fut chanté pour la première fois. Vous pouvez retrouver un article à ce sujet sur notre site : Napoléon dans l’Hymne National Polonais.

Après les victoires de Napoléon sur la Prusse en 1806, les troupes françaises sont entrées dans la partie prussienne de la Pologne. Afin de répondre aux promesses quelque peu vagues de Napoléon, Dąbrowski a appelé les Polonais à se soulever et à organiser des unités armées.

La création du duché de Varsovie

Dans les campagnes qui suivirent, les troupes polonaises jouèrent un rôle important, et ainsi Napoléon ne put éviter de faire un geste envers les Polonais. En 1807, à la suite du compromis de paix avec Alexandre à Tilsit, en Prusse, un petit État fut créé à partir des parts prussiennes dans la première et la deuxième partition et appelé le duché de Varsovie. Son souverain est le roi de Saxe, Frédéric Auguste Ier. Gdańsk devient une ville libre.

La préservation des traditions

La constitution imposée par Napoléon était comparable à ses autres constitutions autoritaires mais tenait compte des traditions et des coutumes polonaises.

L’invasion de la Russie par Napoléon en 1812, à laquelle près de 100 000 soldats polonais ont participé, semblait promettre la recréation de la Pologne. Napoléon encouragea les Polonais à proclamer la restauration de leur pays, mais ne s’engagea pas dans cette voie.

Qui était Maria Walewska ?

La belle Marie Walewska (née Laczynska) est née à Varsovie le 7 décembre 1786, dans une famille qui avait été anoblie en 1574. Son père, Mathieu Laczynski, qui avait combattu héroïquement lors de la lutte pour l’indépendance de la Pologne, mourut prématurément, laissant sa femme Eva élever seule leurs six jeunes enfants. Cependant, la famille Laczynski possédait une petite exploitation et a vécu dans la pauvreté pendant de nombreuses années.

Maria était une comtesse polonaise et la maîtresse de Napoléon Bonaparte, qu’elle a rencontré en Pologne (1806) et suivi à Paris et finalement à l’île d’Elbe.

Elle cherche à influencer la politique de Napoléon en Europe de l’Est et à le pousser à créer le duché de Varsovie. Le 4 mai 1810, elle lui donne un fils, Alexandre-Florian-Joseph Colonna, Comte Walewski. Maria Walewska s’est mariée deux fois, en 1804 avec le comte polonais Anastazy Walewski. Puis en 1816 avec le général français Philippe-Antoine d’Ornano, anciennement l’un des plus proches collaborateurs de Napoléon. Elle meurt un an plus tard, à Paris, d’une infection rénale, après avoir donné naissance à un fils.

L’histoire d’amour des deux amants

Le poids du devoir familial

Maria était l’aînée et, comme ses quatre frères avaient contracté de petites dettes, c’était donc à elle d’assurer l’avenir de sa famille. Au début de 1804, à l’âge de dix-huit ans, encouragée par sa mère, elle se marie avec Athanasius Walewski (né en 1736), âgé de soixante-huit ans, assurant ainsi la sécurité de sa famille. Ce sera sa troisième union, ayant déjà été veuf deux fois. Les Walewski étaient l’une des plus grandes maisons de Pologne et d’ancienne noblesse. Maria donna à son mari âgé un fils, Antoni Rudolf Bazyli Colonna-Walewski, né le 14 juin 1805. Toutefois, il fut immédiatement saisi par la belle-sœur et les nièces (par alliance) de Maria, qui étaient beaucoup plus âgées que la jeune comtesse. Hantée par l’obsession de la liberté de son pays, Maria, désemparée et solitaire, se tourne alors vers l’avenir de son pays.

La rencontre entre Napoléon et Maria Walewska

On raconte que Napoléon et Maria se sont rencontrés au début de l’année 1807. Le contexte politique de l’époque est compliqué. En effet, Varsovie attend avec impatience l’arrivée de l’Empereur au lendemain de la bataille peu concluante de Pultusk. La Pologne ayant été rayée de la carte à la fin du siècle précédent, les nationalistes polonais placent alors tous leurs espoirs en Napoléon, qui pourrait faire renaître le pays.

Une petite anecdote

Il existe un récit très populaire et romantique de cette rencontre, présent même dans les curieux mémoires de Maria. On raconte que le 1er janvier 1807, malgré le froid glacial, Maria Walewska s’est rendue dans un relais de poste à Blonie (à l’ouest de Varsovie). À cet endroit, l’Empereur devait changer de chevaux une dernière fois avant d’entrer dans la ville de Varsovie. Maria, dit-on, se fraya un chemin dans la foule, demanda à Duroc d’être conduite jusqu’à la voiture de Napoléon. Là elle bégaya : « Bienvenue, mille fois bienvenue dans notre pays… ». Malgré l’immense masse pressée autour de lui, l’Empereur a remarqué (et devait se souvenir) de la jeune comtesse. Une fois installé à Varsovie, Napoléon demande à Duroc où elle se trouve.

Le bal du 17 janvier 1807

C’est au bal organisé par Talleyrand le 17 janvier 1807 qu’ils danseront pour la première fois. Comme le rapporte la Gazette de Varsovie le lendemain :

« Sa Majesté l’Empereur était présent à un bal chez le ministre des Affaires étrangères, le prince de Bénévent, au cours duquel il a invité la femme du chambellan Anastase Walewski à se joindre à lui dans une contredanse ».

Après une conversation sur Sainte-Hélène, Montholon devait raconter comment l’Empereur avait été séduit par sa beauté et comment il avait envoyé un général en fausse mission afin de s’assurer un accès sans entrave à la beauté polonaise. Le lendemain du bal de 1807, Napoléon a envoyé à Marie une lettre qui disait :

« Je n’ai vu que toi, je n’ai admiré que toi, je ne désire que toi ».

Maria Walewska : un pion pour sauver la Pologne

Le prince Poniatowski l’aurait alors retrouvée et aurait entrepris de l’utiliser comme un pion politique dans la lutte pour la liberté de la Pologne.

Des pressions familiales et politiques sont exercées sur Maria de toutes parts. En effet, membres du gouvernement provisoire, patriotes, notables et, à leur tête, Athanase Walewski lui-même, font tout pour qu’elle s’offre à l’empereur.

Bien qu’elle ne le veuille pas, Maria finit par céder. C’est ainsi que commence l’affaire qui durera même après le départ de l’empereur de Pologne.

Alexandre Walewski : le fruit de leur union

Napoléon et Maria devaient se revoir à Paris en 1808. Un an plus tard, juste après la bataille de Wagram, ils se retrouvent en Autriche et Marie tombe enceinte. Elle souhaite suivre l’Empereur en France mais celui-ci, maintenant que sa capacité à avoir des enfants est confirmée, souhaite divorcer de Joséphine. Puis, trouver une nouvelle épouse qui puisse lui donner des enfants. Afin d’ancrer la dynastie Napoléon sur le trône de France.

En mars 1810, alors que Napoléon est distrait par les préparatifs de son second mariage avec Marie-Louise, Maria reçoit une lettre de son mari Walewski. Dans celle-ci, il cède ses terres à son fils aîné et l’invite à revenir à Walewice. Elle y donnera naissance à son second fils (celui de Napoléon), Alexandre Walewski. Son mari reconnaît alors le garçon comme le sien et va même jusqu’à le déclarer au prêtre lui-même.

Napoléon assure l’avenir de son fils

Napoléon, apprenant la naissance pendant son voyage de noces, envoie à Marie de la dentelle de Bruxelles et 20 000 francs dorés. En novembre 1810, Marie s’installe à nouveau à Paris, lassée de sa vie à Walewice. Elle est financièrement à l’abri grâce à Napoléon, mais l’affaire semble terminée. Napoléon veille à ce que tous ses désirs soient exaucés, même s’il ne vient que de temps en temps voir son fils. En 1812, Napoléon fournit à Alexandre 69 fermes dans le royaume de Naples, ce qui lui rapporte 170 000 francs et lui donne le titre de comte. Malgré les ragots, Marie conserve sa position dans la société. Le 17 août 1812, son mariage avec le vieux comte est déclaré nul, grâce à l’aveu de son frère qui affirme l’avoir forcée à le contracter. Marie retourne à Paris au début de l’année suivante.

Leurs dernières rencontres

En 1814, après la première abdication, Walewska se précipite à Fontainebleau, mais Napoléon ne veut voir personne. Lorsqu’il est envoyé à l’île d’Elbe, elle lui envoie une lettre, lui demandant de l’aider à récupérer les terres de son fils, qui ont été confisquées par Murat. Bien que Napoléon ait pu être déçu par le manque de tendresse de la lettre de son ancienne maîtresse, il l’invite néanmoins à lui rendre visite sur l’île.

Une des maisons de Napoléon sur l’Ile d’Elbe

Elle accepte et c’est dans le plus grand secret que Marie arrive de nuit le 1er septembre 1815 avec son fils, son frère et sa sœur. Napoléon en personne vint à sa rencontre et l’escorta jusqu’au couvent isolé qui surplombe Marciana, où il avait dressé une tente dans le jardin, à côté des bâtiments du couvent, pour recevoir ses invités. La visite fut très brève. Le groupe partit après seulement deux jours, aussi discrètement qu’il était arrivé.

Cependant, malgré ces précautions, l’île est animée de rumeurs sur ce qui s’est passé. Maria Walewska verra l’Empereur une dernière fois, après la bataille de Waterloo, lorsqu’elle fut reçue par l’Empereur à Malmaison.

La fin de vie de Maria Walewska

Le 18 janvier 1815, Athanase Walewski meurt dans sa maison de campagne de Walewice, près de Varsovie. Le 7 septembre 1816, à Bruxelles, Maria épouse Philippe-Antoine d’Ornano. Il était alors général de brigade et futur maréchal de France (1861), elle l’avait rencontré en 1807. La mère d’Ornano, née Isabelle Bonaparte, était la cousine germaine du père de Napoléon.

Maria meurt à Paris le 11 décembre 1817, à l’âge de trente et un ans. Elle ne s’était pas remise de la naissance de son troisième fils, Rodolphe d’Ornano, après une infection rénale. Quelques semaines après sa mort, son frère demande que son corps soit ramené en Pologne. Son cœur est conservé dans la crypte des d’Ornano au cimetière Pierre Lachaise. Tandis que son corps repose désormais dans l’église de Kiernozia.

Les lettres d’amour entre Napoléon et la comtesse polonaise

Maria Walewska a conservé les précieuses lettres que Napoléon lui avait envoyé. Celles-ci ont été transmises à ses héritiers. Les lettres sont devenues publiques à travers l’ouvrage Napoléon, d’André Castelot, en 1968.

Lettre signée de Napoléon à Maria Walewska, le 29 janvier (1807)

“Madame, la personne qui vous remettra cette lettre est celle dont je vous ai parlé. Elle vous dira tous les sentiments que j’ai pour vous, Marie, et me donnera de vos nouvelles…. Votre lettre est charmante, je baise la belle main qui l’a écrite, le coeur qui l’a dictée, et les beaux yeux que j’aime à la folie. »

Lettre de Napoléon, avec quatre mots autographes, adressée à Maria Walewska, sans date

« Madame,

J’ai un véritable désir que vous m’appreniez que vous n’êtes pas incommodée, et de quelle manière vous avez passé la nuit. Vous avez été à la même place toute la nuit dans mes idées. Je conserverai longtemps le souvenir de cette nuit. Je sens le besoin de vous dire combien vous m’êtes chère ; si vous en doutiez, vous m’affligeriez véritablement. Vous m’avez promis bien des choses, ne pourriez-vous pas m’envoyer ce qui peut être fait aujourd’hui ? Marie, songez que je vous aime, que vous m’avez flatté de partager tous mes sentiments. N’est-ce pas que vous serez constante ? Mille baisers sur vos mains, un sur ce coeur dont je voudrais troubler un peu la tranquillité. Vous voyez que c’est là l’esprit de vengeance. Adieu, mon amour. Que je serai aise de vous voir ce soir.

À 6 heures du matin”

Lettre autographe signée de Napoléon à Maria Walewska, écrite le 9 août (1814)

“Marie, j’ai reçu votre lettre. J’ai parlé à votre frère. Allez à Naples, arrangez vos affaires en allant ou en revenant. Je vous verrai avec l’intérêt que vous m’avez toujours inspiré, et le petit dont on me dit tant de bien que j’en ai une véritable joie et me fais fort de l’embrasser. Adieu, Madame, cent tendres choses.

Le 9 août  NP”.

Cette lettre est très précieuse car elle est en lien avec la visite que Maria fera à Napoléon sur l’Ile d’Elbe. En effet, au début du mois d’août, Maria devait aller à Naples. Dans sa lettre, précédant cette réponse de Napoléon, elle lui demandait de la recevoir à Portoferraio.

Un triangle amoureux qui va changer l’histoire

Le couple Napoléon et Joséphine

La femme la plus associée à Napoléon Bonaparte est Joséphine, dont le vrai nom est Marie Joséphine Rose Tascher de la Pagerie. Apparemment, Napoléon n’aimait pas le nom de « Rose », comme l’appelaient la famille et les amis de Joséphine. Il a déclaré à la séduisante veuve : « Je n’aime pas votre nom ; à partir de maintenant, je vous appellerai Joséphine« . Le couple s’est rencontré en 1795, alors que Napoléon commençait tout juste à se faire un nom dans l’armée française. Il était alors considéré comme l’un des meilleurs officiers en devenir.

Napoléon et Joséphine

Leur rencontre

Plusieurs histoires circulent sur le lieu et la manière dont le couple s’est rencontré. Toutefois il est fort probable que la rencontre ait eu lieu lors d’un événement social. À l’époque, Joséphine, une figure bien connue de la société française, est la maîtresse de Paul Barras. Celui-ci était le mentor de Napoléon et gouverneur de France « de facto ».

Réalisant qu’elle ne rajeunissait pas (Joséphine avait 32 ans en 1795) et que l’attention de Barras était tournée vers une autre femme, Joséphine savait qu’elle risquait de perdre tout soutien financier pour elle et ses deux enfants, Eugène et Hortense. Toujours aussi intelligente et captivante, elle pose ses yeux sur Napoléon, jeune et inexpérimenté, qui succombe immédiatement à ses avances.

Joséphine voit que le jeune officier est destiné à la grandeur. Ils se marient en mars 1796. Napoléon reçoit en cadeau de mariage de Paul Barras une promotion de commandant en chef de l’armée d’Italie.

Un mariage d’amour ?

Trois jours après le mariage, Napoléon part pour Nice, laissant derrière lui son épouse bien-aimée. Les lettres d’amour qu’il adresse à Joséphine à cette époque sont assez passionnées. Elles révèlent à quel point il est malade d’amour sans elle. Cependant, Joséphine, qui, contrairement à son nouveau mari, s’était mariée par convenance, était de retour à Paris. Elle y appréciait la compagnie de différents amants, notamment un lieutenant nommé Hippolyte Charles.

La nouvelle des indiscrétions de Joséphine est finalement révélée à Napoléon. Lui était resté totalement dévoué à sa femme, refusant de prendre une maîtresse, comme l’ont fait beaucoup de ses officiers. Après avoir finalement pris une maîtresse en Égypte, il décide de divorcer de Joséphine. Cependant, lorsqu’il rentre en France en 1799, elle use à nouveau de ses charmes pour se réconcilier avec son mari. Joséphine, une dépensière notoire, s’était lourdement endettée pendant l’absence de Napoléon et elle comprit qu’il était préférable pour elle de rester mariée.

La rencontre de Napoléon avec Maria Walewska

Même si le couple semble s’être arrangé, la passion initiale de Napoléon pour sa femme a disparu. C’est assez ironique, car l’amour de Joséphine pour cet homme s’est épanoui et a grandi. C’est le début d’un certain nombre de maîtresses que Napoléon aura au cours de sa carrière. En tant qu’homme de plus en plus puissant et finalement empereur de France, il n’a aucun mal à avoir toutes les femmes qu’il désire.

Au sommet de sa puissance, en 1807, Napoléon rencontre la comtesse Maria Walewska à Varsovie, en Pologne. La belle Maria, âgée de 20 ans, attire rapidement l’attention de l’empereur Bonaparte qui s’empresse de demander un entretien privé avec la jeune femme noble. Maria était mariée au comte Anastase Walewski, âgé de 71 ans, qui aurait encouragé sa jeune épouse à faire tout ce qu’il fallait pour s’attirer les faveurs de Napoléon. Le but étant d’aider la Pologne à devenir un État indépendant.

L’arrivée d’un fils qui pousse Napoléon à un divorce et à un nouveau mariage

C’est ainsi que Maria Walewska, au grand dam de Joséphine, devient non seulement l’amie et la confidente de Napoléon, mais aussi sa maîtresse. En effet, elle le rejoint pour plusieurs semaines à Paris puis à Vienne. En mai 1810, Alexandre Florian Joseph Walewski est né de leur relation. Le bébé est prétendument le fils illégitime de Napoléon, bien qu’Alexandre ait affirmé plus tard que son père était le comte Walewski qui l’avait légalement reconnu comme son fils.

Quoi qu’il en soit, la naissance du fils de Maria est considérée comme une preuve supplémentaire que Joséphine, et non Napoléon, est physiquement incapable de porter un enfant. Le couple divorcera donc en 1809. Napoléon épousera ensuite la jeune et fertile Marie-Louise d’Autriche. Elle donnera naissance à un fils en 1811, Napoléon François Joseph Charles.

Marie-Louise d’Autriche

Maria Walewska : un devoir patriotique ?

Maria prétend que sa relation avec Napoléon n’est née que d’un devoir patriotique. Malgré cela, la dévotion et l’amour de Maria pour Napoléon, quelle qu’en soit l’origine, étaient évidents pour tous. Maria rendit même visite à Napoléon lorsqu’il était en exil à Elbe. Bien que la Pologne n’ait pas atteint le grand État indépendant qu’elle espérait, elle a obtenu l’indépendance en tant que grand-duché de Varsovie, plus petit mais libre, grâce à l’empereur Bonaparte.

Que reste-t-il de ce triangle ?

L’issue finale de ce triangle est très intéressante et marquante pour l’histoire. Bien qu’il ait été prouvé, par la naissance du fils de Maria, que Napoléon n’était pas stérile, ce qui justifiait son divorce avec Joséphine et la naissance d’un héritier légitime, Napoléon a perdu en Joséphine son plus ardent soutien et son « porte-bonheur« .

Les défaites de Napoléon

La Grande Armée de Napoléon subit des pertes extraordinaires en Russie en 1812. Elle ne se remettra jamais complètement avant d’être finalement vaincue à la bataille de Waterloo en 1815. L’ancien grand empereur des Français est mort en exil sur l’île britannique de Sainte-Hélène en 1821.

Bataille de Waterloo 1815

La perte de Marie-Louise et de son fils

Après l’abdication de Napoléon en 1814, Marie-Louise s’enfuit en Autriche avec leur garçon qui reçoit le titre de duc de Reichstadt de son grand-père maternel. Marie-Louise se remaria avec le général autrichien Comte von Neipperg en 1821, quelques mois seulement après la mort de Bonaparte.

Apparemment, Marie-Louise avait eu deux enfants illégitimes du comte von Neipperg avant leur mariage. Un fait que le jeune Napoléon François considérait comme une faiblesse de sa mère, affirmant :

« Si Joséphine avait été ma mère, mon père n’aurait pas été enterré à Sainte-Hélène, et je ne serais pas à Vienne. Ma mère est bonne mais faible ; elle n’était pas la femme que mon père méritait. »

Napoléon II
Napoléon II

De toute évidence, la réputation de Joséphine en tant que femme forte l’a précédée, ne se perdant pas même aux yeux du garçon qui était la raison de son divorce. Le jeune Napoléon II mourra à l’âge de 21 ans de la tuberculose.

L’héritage laissé par Maria Walewska

Quant à Maria Walewska, elle divorça du comte Walewski et épousa le comte d’Ornano en 1816. Elle est morte peu après avoir donné naissance à un fils en 1817.

L’héritage de Maria est double : premièrement, elle a réussi à convaincre Napoléon de la nécessité pour la Pologne d’être indépendante. Ensuite, elle a donné naissance à Alexandre, le fils illégitime de Napoléon.

C’est à travers Alexandre que la lignée directe de Napoléon Bonaparte se poursuit… ironiquement, c’est à travers plusieurs descendants d’un enfant qu’il a eu hors mariage avec une actrice, Rachel Felix, et qu’il a ensuite adopté.

Maria Walewska : la loyauté polonaise

Le rapprochement entre Napoléon et la Pologne

Napoléon prétendait être l’héritier de la Révolution française et offrait aux peuples opprimés d’Europe un soulagement des maux de l’ancien régime. Ainsi, au moment où les armées françaises ont commencé à pénétrer sur le territoire polonais après Iéna, Napoléon était devenu le centre de l’espoir des patriotes polonais. Les soldats polonais avaient combattu comme volontaires dans l’armée française depuis les années 1790. Les dirigeants polonais comme le prince Joseph Poniatowski, le neveu du dernier roi, espéraient et attendaient à moitié que Napoléon soit le parrain d’une Pologne indépendante et restaurée.

Quand les dirigeants s’en mêlent…

Dès les premières étapes de leur relation, la politique polonaise entre en scène. Les chefs de l’entourage personnel de Napoléon contactent le prince Poniatowski, chef du mouvement nationaliste polonais, pour lui demander son aide afin que Marie reçoive les attentions du dictateur français. Les dirigeants polonais comme Poniatowski étaient bien conscients que l’amitié de Napoléon, soutenue par les armes françaises, offrait le meilleur espoir pour une Pologne indépendante et ressuscitée. Le frère de Marie, Bénédict, qui avait servi pendant des années dans l’armée française, ajouta sa voix à ceux qui l’exhortaient à accepter les ouvertures de Napoléon.

Qu’est-ce qu’en pense les polonais ?

« L’un des grands symboles de pureté et de loyauté de l’histoire », Maria Walewska était « connue pour sa beauté et son intelligence » et « était une fervente patriote polonaise et influente à son époque car elle avait l’oreille de Napoléon »

La famille Coppola

Bien que les historiens aient noté que leur affection et leur amour mutuels étaient authentiques et transcendaient la politique, elle décrira plus tard sa décision de céder aux avances de Napoléon et d’entamer une liaison comme un « sacrifice » stratégique visant à l’influencer pour qu’il soutienne l’indépendance de la Pologne, alors partagée entre la Russie, la Prusse et l’Autriche. Les historiens supposent également qu’elle aurait pu jouer un rôle clé dans les discussions liées à la création, en 1807, du duché de Varsovie.

Maria Walewska, une patriote

Finalement, Maria cède. Comme l’a noté R.F. Delderfield :

« Si elle avait été moins patriote, il est extrêmement douteux qu’elle ait pu être persuadée de céder aux énormes pressions exercées sur elle par ses compatriotes ».

Malgré son milieu familial conservateur et sa dévotion à ses croyances religieuses catholiques romaines, Maria accepte de voir l’empereur des Français. En peu de temps, elle devient sa maîtresse.

« Mais son sacrifice pour la Pologne s’avérera vain et c’est donc tout naturellement qu’elle s’attachera à Bonaparte. »

Correlli Barnett

Quelques mois avant sa mort, elle avait écrit dans ce qui est aujourd’hui considéré comme ses mémoires, que sa liaison avec l’empereur était « un sacrifice fait à son pays ».

Alexander Walewski dans les pas de sa mère

L’histoire d’amour de Marie Walewska avec Napoléon n’a pas permis d’atteindre les objectifs politiques que la comtesse patriote recherchait. La Pologne resta divisée et sous contrôle étranger jusqu’au lendemain de la Première Guerre mondiale.

Mais l’enfant issu de leur relation fit une carrière distinguée. Alexander Walewski combattit lors de la rébellion polonaise de 1830 contre la domination russe. Il devint officier dans la Légion étrangère française et accéda au poste de ministre français des affaires étrangères sous la direction de son cousin, l’empereur Napoléon III. Il décède en 1868.

La descendance de Maria Walewska et Napoléon Ier

Alexander enfin reconnu comme fils de Napoléon Ier

La rumeur voulait que Walewski soit le fils illégitime (non reconnu) de Napoléon Ier par sa maîtresse, la comtesse Marie Walewska. Bien que son mari (Athanase, comte Walewski) l’ait légalement reconnu comme son propre fils. En 2013, une étude publiée comparant les haplotypes d’ADN de l’empereur Napoléon, du descendant de son frère le roi Jérôme Bonaparte, Charles, prince Napoléon, et du descendant de Colonna-Walewski a indiqué l’appartenance d’Alexandre à la lignée génétique masculine de la Maison impériale des Bonaparte.

Sa jeunesse

À 14 ans, Walewski refuse d’entrer dans l’armée russe et s’enfuit à Londres, puis à Paris, où le gouvernement français refuse son extradition vers les autorités russes. Louis-Philippe l’envoie en Pologne en 1830, puis il est chargé par les chefs de la rébellion polonaise d’une mission à Londres.

La carrière de Walewski

Après la chute de Varsovie, il prend des lettres de naturalisation en France et entre dans l’armée française, où il sert en Algérie. En 1837, il démissionne de sa commission et commence à écrire pour la scène et pour la presse. On dit qu’il a collaboré avec Alexandre Dumas père pour Mademoiselle de Belle-Isle. Ainsi qu’une comédie de Walewski, L’École du monde, a été produite au Théâtre Français en 1840. Cette année-là, il est envoyé en mission en Égypte, et sous le ministère de François Guizot, il est envoyé à Buenos Aires, en Argentine.

L’accession de Louis-Napoléon au pouvoir suprême en France garantit la carrière de Walewski. Il est affecté comme émissaire extraordinaire à Florence, à Naples, puis à Londres, où il annonce le coup d’État à Lord Palmerston. En 1855, Walewski devient ministre des Affaires étrangères et, l’année suivante, il est plénipotentiaire de la France au Congrès de Paris.

Les dernières années de sa vie

Lorsqu’il quitte le ministère des Affaires étrangères en 1860, c’est pour devenir ministre d’État, fonction qu’il occupe jusqu’en 1863. Sénateur de 1855 à 1865, il entre au Corps Législatif (chambre basse du parlement) en 1865 et est installé, par intérêt de l’empereur, comme président de la chambre. Une révolte contre son autorité, deux ans plus tard, le renvoie au Sénat.

Le congrès de Paris, 25 février au 30 mars 1856, au centre en blanc et rouge, Alexandre Walewski

Il avait été créé duc en 1866, était membre de l’Académie des Beaux-Arts et avait été décoré de la grand-croix de la Légion d’honneur.

Alexandre Walewski est mort d’une attaque à Strasbourg le 27 septembre 1868 et est enterré au cimetière du Père Lachaise à Paris.

Vie personnelle et descendance

Il épouse le 1er décembre 1831 Lady Catherine Montagu (1808-1833), fille de George, 6e comte de Sandwich par son épouse Lady Louisa Lowry-Corry. Après le décès de celle-ci, il épouse en secondes noces, le 4 juin 1846 à Florence, Maria Anna, fille du comte pontifical Zanobi di Ricci par son épouse la princesse Isabella Poniatowski. Il a également eu un fils avec l’actrice Rachel Felix en 1844.

Alexandre II Walewski

Un seul de ses enfants a survécu et a donné une descendance : Alexandre-Antoine Colonna-Walewski. Enfant qu’il avait eu hors mariage avec l’actrice Rachel Felix. Il l’a reconnu en 1844 puis adopté en 1860.

Pour être au plus proche de l’histoire

Si vous voulez lire cette célèbre histoire à travers le point de vue d’un de ses personnages principaux, voici le lien vers les Mémoires de Maria Walewska : Journal de Maria Walewska.

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Sources : Poland – History and culture, Partitioned Poland, Maria Walewska, History of the Two Empires, Lettres de Napoléon, Napoleon, Josephine and Maria Walewska, Polish Countess Maria Walewska, Walewska, Marie, Alexandre Colonna, Alexandre Colonna-Walewski

Photos : Partage Pologne 1795, Création duché Varsovie 1807 sur Wikipédia / Maria Walewska by François Gérard, Napoleon I of France by Andrea Appiani, Alexandre Florian Joseph Walewski, Napoléon Ier et Joséphine, Marie-Louise d’Autriche, Battle of Waterloo, Napoleon II, Alexandre II Walewski, Maria Walewska, Edouard Dubufe Congrès de Paris sur WikiMediaCommons / nono_08450 sur Pixabay

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